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<p><hi rend="i">Loys, duc de Bourbonnois, comte de Fourez et seigneur de Beaujeu, per et chamberier de France, scavoir faisons a tous presents et a venir que nous, considerant les tres grants graces et benefices que Dieu notre createur nous a fait en ce monde depuis le benefice de notre creation, par laquelle, par sa inestimable bonté, il nous a formé sa creature raisonnable et intellective a son image et semblance, et si nous a tant voulu honorer qu'il nous a donné attraction <pb n="1v"/> et naissance de la tres haulte, tres noble et royal maison de France, et nous a eslevé a grands honneurs, seignories et prerogatives, et dans nos merites donné grant abondance de biens, de seignorries, terres, hautesses et autres noblesses, avecques d'autres biens et honneurs innumerables, jacoit ce que eulx fuissions et soyons indignes, et combien qu'il ne soit pas a notre povoir de souffisamment et condignement reconnoitre tant de grans biens, neantmoins, selon notre fresle possibilité, voulans de ce avoir aucune recognoissance envers Dieu notre createur et employer aucune partie d'iceulx biens a l'augmentation de son saint service, en l'honneur et reverence d'icellui Dieu notre createur dont tant de biens nous sont venus, de la benoite trinité pere et fils et saint esprit, de la glorieuse vierge marie, mere de notre doulx sauveur Jesus Christ, des benoists patriarches, prophetes, appostres, martires, confesseurs et autres saints et benoistes saintes de Paradis et de toute la cour celestial, avont commencié de construire et ediffier es notre ville de Vichy une eglise de religieux celestins, laquelle nous promectons soubz l'obligation de tous nos biens de faire construire <pb n="2r"/> et parfaire en toutes choses avecques le cloitre, dortoir, refectoir et autres maisons, edifices, appartenances et la garnir de livres, croix, calices, vestements d'autel et d'eglise, de tous autres meubles necessaires au nombre des religieux, tout a nos propres frais et deppends, en laquelle eglise nous avons fondé et fondons perpetuellement ung couvent ou il aura un prieur et douze religieux celestins cappellains, avec les serviteurs en tel cas appartenants et necessaires, lesquels seront a tousjours mais tenus de prier Dieu pour nous et pour le remede des ames de nous, de <persName ref="#AnneDauphine">notre tres chiere et tres amee compaigne la duchesse</persName>, et de nos enfans, et de <persName ref="#PierreI">notre tres chier seigneur et pere</persName>, de <persName ref="#IsabelleValois">notre tres chiere dame et mere</persName>, que Dieu absoille, et de feu <persName ref="#MarieBourbon">notre tres chier tante l'empererix de Constantinoble</persName>, de <persName ref="#HLusignan">notre tres chier cousin le prince de la Moree, son fils</persName>, dont nous avons eu beaucoup de biens<note type="n1"><p>Marie de Bourbon (fille de Louis I<hi rend="sup">er</hi>, morte en 1387, qui fait de son petit-neveu, Louis II, son héritier universel) et son fils Hugues de Lusignan (mort en 1385).</p></note>, et aussi de nos aultre seigneurs ayeulx, parens et predecesseurs, et de tous nos successeurs, et seront lesdiz religieux tenus de dire et celebrerons chacun jour la grant messe du jour avecques toutes les heures canoniaux du jour, matine, prime et tierce, <pb n="2v"/> midi, none, vespre et complie, et autres prieres que les religieux dudit ordre ont acoutumé de dire, et de celebrer aussi messes de mors et vigilles et autres messes et prieres que nous ou nos executeurs apres nous leur ordonnerons et instituerons de faire, et, affin que lesdiz religieux et leurs serviteurs ayent de quoy venire et sostenir leur estat au divin service, nous iceulx religieux avons douhé et fondé, et par ces presentes douhons et fondons perpetuellement de cinq cent livres de rente annuelle, nous leur donnons, baillons, delivrons et asseons a les prendre, avoir et recevoir par iceulx religieux Celestins et leurs successeurs chacun an perpetuellement, sur les choses et par la maniere qui s'en suit : et premierement, en la chastellenie de Vichi, les molins de Vichi, pour douze livres de rentes, l'<placeName ref="#">estang de la Vaure de Ris</placeName>, pour dix-huit livres de rente ; item le <placeName ref="#">pré d'Arsin</placeName> pour soixante sols, en la <placeName ref="#Billy">chastellenie de Billi</placeName>, sur les heritiers <persName ref="#VialuG">Guillaume Vialu</persName>, dis poullallies de <placeName ref="#Varennes">Varennes</placeName> qui sont deus sur les moulins, dix livres <pb n="3r"/> sur les fermiers des bans et hales de Varennes, vingt livres sur les fours de Varennes, quatorze livres en la paroisse <placeName ref="#Savere">Savere le Blairie</placeName>, quatre sextiers deux quartes froment, le sextier quatorze sols, valent soixante et trois sols en feues, quatre sextier deux quartes, le sextier douze sols, valent cinquante quatre sols, en la <placeName ref="#Chavroches">chatellenie de Chaveroche</placeName> le dixme de <placeName ref="#Saligny">Solegny</placeName>, vint quartes froment a quartre sols la quatre, valent quatre livres, et pour une quarte de feves a deux sols six la quarte, valent cinquante sols, pour tout ce sur ledit disme six livres dix sols tournois, le disme de <placeName ref="#">Bar</placeName> pour cinquantes quartes seigle, cinquante quartes avenes, la quarte seigle deux sols six deniers, valent six livres cinq sols, et la quarte aveine vint deniers, valent cent sols, pour ce unze livres cinq sols, le tenement de <placeName ref="#">Pourcelleres</placeName> pour cent sols, les villes franches de <placeName ref="#Chaugy">Chaugi</placeName>, de <placeName ref="#">Barrois</placeName>, de <placeName ref="#">Batavant</placeName> et auxtes, sans justice, vint livres quinze sols, l'en prendra en la chatellenie de <placeName ref="#Perreux">Perreux</placeName> vint cinq livres, sur le receveur de <placeName ref="#Lay">Lay</placeName> cinq livres, en la chatellenie de <placeName ref="#">Garmac</placeName> le four de Gamac trente livres ; item leur baillons cinq muids de <pb n="3v"/> froment a quatre livres seize sols le muid, valent vint-quatre livres, somme cinquante-quatre livres, en la chatellenie de <placeName ref="#Chantelle">Chantelle</placeName> les dismes de <placeName ref="#">Chassignes</placeName>, et celuy qui fut acquis de maitre <persName ref="#FersierG">Guillaume Fersier</persName>, pour six tonneaulx de vin que le prieur dudit lieu de Chantelle y prant, pour tout, tant en blé commun comme en vins, six vingt livres, la terre de <placeName ref="#">La Coudre</placeName> estant en la <placeName ref="#">chatellenie de Murac</placeName>, <placeName ref="#Montagu">Montagu</placeName>, pour cinquante livres de rente, rabatu vint livres pour cause de l'assiete de <persName ref="#PechinJ">Jacques du Pechin</persName>, somme cinquante livres ; item sur la leide et peage de <placeName ref="#Thiers">Thiare</placeName>, quarante-cinq livres a trois termes, le premier a la Conception nostre Dame, le deuzieme a la Chandeleur, le tiers a la saint Urbain ; item sur les molins de <placeName ref="#Fechal">Fechal</placeName>, vint sols a payer a la saint Jehan et a Noel, item sur les moulins de <placeName ref="#">Celle</placeName> quatre sextiers froment a huit sols le sextier, valent trente deux sols, et quatorze sextiers seigle, a six sols le sextier, valent quatre livres quatre sols, somme cinquante et une livres sept sols ; <pb n="4r"/> item sur les tailles de <placeName ref="#ChateauChinon">Chatel Chinon</placeName>, chacun an, soixante livres tournois ; toutes lesquelles parties montent a la somme de cinq cent livres de rente annuelle rendable ou environ, lesquelles cinq cent livres tournois de rente par les parties dessusdites nous donnons, baillons et delivrons perpetuellement et heritablement esdits religieux, prieur et couvent, et a ladite eglise des celestins de Vichy, et les en faisons vrais seigneurs pour eulx et leurs successeurs prieur et couvent de ladite eglise, a tousjours mais, et icelles cinq cent livres tournois de rente dessus declairees admortissons perpetuellement, et voulons que iceulx religieux et leursdits successeurs portent et puissent porter doresnavant a tous temps icelles cinq cens livres de rente a faulte d'admortissement ne autrement, sauf et reservé par nous et nosdits successeurs la justice, souveraineté et ressort sur ladite rente et sur les choses ou elle est assise, reservé aussi que toutes les fois que nous vouldrons asseoir et asserrons de fait esdiz religieux autres cinq cent livres de rentes ailleurs et autre part, bien et convenablement assis <pb n="4v"/> et aussi aisement, et admorties comme est la rente dessus declairee, icelles cinq cent livres de rente dessus confinee reviendra a nous et a nosdits successeurs ou cas dessusdit, franchement, ainsi comme elle etoit quant cette presente fondation, et pour ce que ladite eglise n'est pas encore perfaite et que lesdits religieux ne sont pas encorez intronisés en icelle, nous voulons que desmaintenant lesdites cinq cens livres de rente soient employes chacun an a l'ouvrage de ladite eglise et des maisonnemens et autres choses necessaires pour lesdiz prieur et couvent, jusques a ce que icelles eglise sera parfaite et que lesdits religieux seront intronizés, lesquelles cinq cens livres de rente dessus declairee nous promettons a garentir ausdits religieux envers tous sur l'obligation et ypotheques de tous nos lieux presens et a venir. Si donnons en mandement par ces presentes a nos amés et feaulx gens de nos comptes a Molins, et a tous nos autres justiciers et officiers presens et a venir, ou a leurs lieutenants, et a chacun d'eux, si comme a luy appartiendra, que notre presente fondation tiennent et facent estre valable perpetuellement, en faisant, laissant et souffrant lesdits religieux Celestins et leur successeurs <pb n="5r"/> prieur et couvent de ladite eglise joïr et user a tousjours mais plainement et paisiblement desdits cinq cens livres de rente rendable dessus declairez, sans les molester ou empescher, ne souffrir estre molestés ou empeschés en aucune maniere au contraire. Et affin que ce soit ferme chose et estable a tousjours mais, nous avons fait mettre notre scel a ces presentes, sauf en autres choses notre droit et l'autruy en toutes. Donné a Molins, ou mois d'avril, [l'an de grace mil quatre cent et dix<note type="na"><p>Correction de <hi rend="i">l'an de grace mil trois cent et dix</hi>, qui renvoie à l'année de la mort de Béatrice de Bourbon et à l'avènement de son fils Louis de Clermont comme seigneur de Bourbon.</p></note>] apres Pasques.</hi> Ainsi signé : <hi rend="i">Par monseigneur le duc en son conseil, ou les seigneurs de <persName ref="#NourryE">Norry</persName>, de <persName ref="#RochefortS">Rochefort</persName> et de <persName ref="#ChateaumorandJ">Chatelmorant</persName>, l'aumonier et plusieurs autres estoient, <persName ref="#DB_cptes">E. de Bar</persName>.</hi></p>
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