Jean de Berry exempte le lieu d'Ouzy, donné en aumône aux chartreux de Notre-Dame de Vauvert, de toutes ses impositions car aucun exploitant ne voulait s'y installer en raison de la lourdeur des impôts levés
Jean, fils de roi de France, duc de Berry et d'Auvergne, etc., exempte, pour la durée de sa vie, les occupants ou fermiers du lieu d'Ouzy, près de Bourges, de toute imposition (« vingtièmes », « fouages », « tailles », « charnages », « lennages » et autres « aides » et « subventions ») ; les chartreux de Notre-Dame de Vauvert, près Paris, qui avaient précédemment reçu le lieu en aumône du duc au témoignage d'autres lettres, ne trouvaient pas en effet d'exploitants en raison de la lourdeur des impôts levés. Le duc abandonne aussi les réquisitions que viendraient à faire ses fourriers pour lui-même, la duchesse et leurs enfants
Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou et d'Auvergne, a tous ceuls qui ces lettres verront, salut.
Comme pour estre participans es prieres, jeunes et oroisons des religieux de l'ordre de Chartreuse et par la grant devocion que nous avons longuement eue et avons encores a leur ordre, aions donné ausdis religieux de l'eglise Nostre Dame de Vauvert La Chartreuse de Vauvert à Paris était sise derrière l'actuel jardin du Luxembourg, entre la rue d'Enfer (futur Denfert) et le boulevard Saint-Michel ; d'où l'expression « au Diable Vauvert ». Ouzy-sur-Yèvre, Cher, arr. Bourges, cant. Mehun-sur-Yèvre, comm. Saint-Doulchard. Impôt de quotité posant sur les revenus et remontant à la fiscalité seigneuriale et levé dans une certaine routine. Imposition levée sur les feux. On peut hésiter dans la lecture entre « leuvages » et « lennages ». Le premier terme désigne le droit perçu sur la circulation des marchandises à un « barrage », le second une redevance en laine. Un acte du duc de février 1402 (n. st.) (TSC 1538), relatif en partie aux mêmes dispositions et comportant la graphie « lainages », impose de choisir la lecture « lennages ».
Savoir faisons que nous, qui vouldrions de tout nostre cuer augmenter et accroistre les biens et patrimoine dudit ordre et en especial ceulx que nous leur avons donné, voulons et de nostre propre mouvement et certainne science leur avons octroyé et octroions par la teneur de ces presentes que ledit lieu de Hoiry, ainsi comme il se comporte, et toutes ses appartenances et appendances quelxconques, que donné avons ausdis religieux, et ceulx qui y demeurent, demourront ou tendront a ferme ou temps avenir, soient et demeurent quictes et paisibles durant nostre vie desdiz vintyesmes, fouages, tailles, lennages, charnages et autres aides et subvencions quelconques qui par nous et par nostre mandement ont et auront cours en nostredit paÿs de Berry, et avec ce voulons ycelui lieu et sesdictes appartenances estre et demourer durantLe u de durant semble être corrigé sur un y, gratté.Pour nos.Suit un espace gratté et rayé, sur la longueur d'une quinzaine de lettres.
Si donnons en mandement a noz senechal et receveur de Berry et a tous nos autres justiciers, officiers et subgez presens et avenir ou a leurs Taxe sur la boucherie ou la circulation de viande.Ce mot semble plus tassé que les autres, peut-être porté sur un grattage.
En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre seel a ces presentes lettres.
Donné a Wiscestre Aujourd'hui Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne, ch.-l. cant. Jean de Berry y possédait un château, dit à l'origine de Winchester, puis Vicestre (d'après la cité anglaise dont un évêque construisit cette résidence proche de Paris).e jour de juillet, l'an de grace mil trois cens IIIIxx et onze
Par monseigneur le duc, vous present.
Gontier Il s'agit de Gontier Col, aussi secrétaire du roi, attesté comme secrétaire du duc en 1386 et 1397 (René Lacour, Le gouvernement de l'apanage de Jean, duc de Berry (1360-1416), Paris, Auguste Picard, 1934, annexes, p. xv). Il joua un rôle aussi au service du duc de Berry dans ses activités diplomatiques. Par exemple, c'est lui qui fut chargé de tenir le Journal de l'ambassade envoyée en 1395 au nouveau pape d'Avignon, Benoît XIII, et que dirigeait le duc de Berry. À propos de cette ambassade, Françoise Autrand écrit : « Gontier Col est un professionnel, spécialiste de la diplomatie. Il est aussi un écrivain. L'efficacité n'exclut pas la beauté. L'art n'est jamais loin du pouvoir dans l'entourage du duc de Berry » (Françoise Autrand, Jean de Berry, Paris, Fayard, 2000, p. 200-202).